4e concours de start-up Breizh Amerika

Lancement du 4e concours de start-up au Roazhon Park.

Cent vingt personnes, dont James P. Du Vernay, consul des États-Unis basé à Rennes, ont assisté à la soirée de lancement de ce concours de start-up qui a la particularité de s’adresser aux entreprises de moins cinq ans, basées dans un des cinq départements bretons.

Chaque année, les lauréats sélectionnés par un panel de chefs d’entreprise et partenaires bénéficient du financement d’un voyage « accélérateur » à New York au cours duquel ils ont accès à de nombreux spécialistes du marché américain qui leur expliquent la manière d’y développer leur activité, qu’il s’agisse du cadre légal, du financement ou encore du marketing. Choisies parmi une centaine de candidats, onze entreprises bretonnes, comme Apizee, Klaxoon, NDMAC, Claripharm ou Woleet ont participé aux éditions précédentes.
« Ce voyage leur permet de passer à l’étape supérieure dans l’approche du marché américain, explique Charles Kergaravat, un Breton originaire de New York, fondateur du concours de start-up. À l’issue de cette formation accélérée, certains lauréats, comme Wi6labs, spécialisée dans l’Internet des objets, ont entièrement revu leur stratégie marketing, y compris pour la partie française. » Outre l’accompagnement des entreprises primées chaque année, le Breizh-Amerika start-up contest a eu un effet positif sur l’image de la Bretagne en matière de technologies. « Au départ, on m’a expliqué que ça ne marcherait jamais, que la tech était à Paris, pas en Bretagne, se souvient Charles Kergaravat. Et quand ils ont découvert des entreprises bretonnes participantes comme Klaxoon, ils ont commencé à s’y intéresser, puis à les intégrer à la sphère de la french tech. Pour elles, cela a été un vrai tremplin. »

L’exemple du Tennessee

Si Rennes, Brest et Nantes concentrent une bonne part des acteurs de l’innovation, Charles Kergaravat n’entend pas oublier le reste de la Bretagne, notamment intérieure, qui selon lui, « est et pourrait être davantage encore une terre d’innovation ». Selon lui, aux États-Unis, l’exemple de Chatanooga, dans le Tenessee, montre qu’en dix ans, des territoires ruraux défavorisés et éloignés des métropoles peuvent devenir des hubs de la tech et se montrer beaucoup plus attractifs pour les jeunes actifs que New York ou la Silicon Valley. « Aujourd’hui, c’est quand je dis que des territoires comme le centre Bretagne ont une carte à jouer en matière de nouvelles technologies et qu’on y trouve déjà des acteurs de qualité, qu’on me répond poliment que tout est à Rennes ou à Brest, explique Charles Kergaravat. »

Autre signal encourageant : sur les onze entreprises bretonnes ayant fait le business trip à New York, seule une à disparue, alors qu’en France le taux d’échec des start-up avoisinerait les 90 %. « Et encore, c’était lié à un problème de financement, précise le fondateur du concours. En effet, l’entreprise en question était dirigée par une femme et malheureusement, c’est beaucoup plus difficile d’être financé en tant que dirigeante en France.»
Yann Rivallain

Les acteurs bretons de l’innovation intéressés ont jusqu’au 7 mai pour déposer leur candidature. Les lauréats seront présentés à La Carène, à Brest, le 19 juin. Renseignements et inscription www.breizh-amerika.com