Mobilisation des maires pour les écoles rurales

De nombreux maires sonnent la mobilisation contre l’un des amendements de la loi Blanquer prévoyant un regroupement des écoles sous l’égide des principaux de collèges. Une menace, selon eux, envers l’école rurale.Les maires ruraux estiment que la loi Blanquer menace, en l’état, les petites écoles de campagne.

« Encore une aberration de la haute administration, en totale déconnection de la réalité du terrain, tonne Jean-Yves Crenn, maire de Lopérec et membre du collectif de défense des écoles rurales. Comme nombre de ses collègues, il est vent debout contre un amendement de la loi Blanquer.  « Le 6 quater prévoit de nouvelles structures organisées sous l’autorité des principaux de collèges, notamment pour les écoles dont la taille critique serait de quatre classes, poursuit Christian Derrien, porte-parole du collectif et maire de Langonnet. Pour nous, cet article est intolérable. On voit très bien ce qui se profile : la disparation des écoles rurales au nom d’économies d’échelle. On va supprimer des classes multi niveaux qui marchent pourtant très bien. »

Universitaire, spécialiste de l’enseignement, Christian Derrien estime qu’il s’agit d’une petite musique « que l’on entend depuis de nombreuses années ».  « Depuis quarante ans, les hauts fonctionnaires demandent des rapports sur les écoles rurales. Le problème, c’est que toutes mettent en valeur les bons résultats, particulièrement dans les classes multi-niveaux où il y a un phénomène d’émulation. »

Attaque contre la ruralité

« C’est une nouvelle attaque contre les zones rurales, ajoute Nadine Kersaudy, maire de Cleden-Cap-Sizun. On ne comprend pas, car cet amendement a été rajouté par une commission sans que personne ne le demande. Cela va totalement à l’encontre des cahiers de doléances du grand débat national qui ont exprimé un besoin de plus de proximité. On est totalement contre le transfert de la compétence éducation aux communautés de communes. L’école, on sait faire, et on le fait bien. Pourquoi changer quelque chose qui fonctionne ? »

L’amendement est en discussion en seconde lecture au Sénat, le 14 mai. Le collectif qui regroupe près de 400 maires en Bretagne administrative et quelques-uns en Loire-Atlantique où le mouvement est moins organisé, entend interpeller les parlementaires sur cette question et prévoit d’organiser différentes actions si l’amendement n’est pas retiré.