37 ème édition du festival du Livre en Bretagne : Charlie Grall sera présent parmi nous « par les forces de l’esprit… »
L’âme de Charlie, notre ami Charlie Grall, planera fortement au-dessus de cette 37ème édition du Festival du Livre en Bretagne de Carhaix, Gouel al levrioù e Breizh. Si Charlie n’est plus, il sera néanmoins bien présent selon la célèbre formule d’un ancien président de la République, à qui il devait d’ailleurs son amnistie en 1981, « par les forces de l’esprit ».
La Bretagne a en effet perdu un de ses combattants et nous un ami, un très grand ami, le 28 février de cette année ; de ceux dont a qu’une seule fois la chance d’avoir dans sa vie.
Nous sommes toujours profondément affectés de la perte d’un homme qui laissera son nom dans l’histoire de la Bretagne tant il aura contribué à la défendre, à la construire, et parmi ce qu’il aura entrepris, avec d’autres, il y a ce magnifique Festival du Livre en Bretagne, le FLB, auquel il a tant contribué, tant donné. Il en était le moteur.
Journaliste de talent, d’abord au Télégramme, puis à Ouest-France, cofondateur du Poher Hebdo à Carhaix, de Breizh Info, version « civilisée », comme il le disait lui-même, Charlie était un militant connaissant tous les rouages de la vie politique locale et bretonne.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont de nombreux sur la Bretagne, aussi bien en breton qu’en français, Charlie était un intellectuel. Mais un intellectuel proche des gens. Il se réclamait de ces quelques mois passés à travailler comme maçon lorsqu’il était jeune ou à l’abattoir de Chateauneuf-du-Faou. Il respectait les travailleurs et recherchait leur compagnie. Un salon du livre ? Non, Charlie avait tenu à ce que ce grand rendez-vous littéraire, soit une fête, une fête du livre, de ses auteurs, éditeurs, lecteurs… Un festival de toute la grande chaîne du livre où les femmes et les hommes de ce pays, la Bretagne, aient plaisir à se parler, à converser, à résister et construire de nouveaux projets, parler littérature, à se diviser si besoin sur la portée d’un livre.
En passant le relais à Yann Pelliet, à qui nous accordons toute notre confiance, il savait que l’avenir du festival serait entre de bonnes mains. Non seulement en raison des années, où en tandem, il l’avait parfaitement orchestré, mais également parce que Charlie avait su préparer la transmission de cet événement majeur en Bretagne, tant attendu tous les ans par ses acteurs.
Ce thème du sport, « Bretagne, puissance sportive », ils l’ont travaillé ensemble avant sa disparition. Car si Charlie a été un respectueux joueur de foot dans sa jeunesse à Chateauneuf-du-Faou, « j’avais de la dynamite dans les pieds », disait-il en plaisantant, il était aussi passionné par tous les sports. Pour lui Bretagne étai tout autant terre de football que de cyclisme ou de de festivals. Charlie, malgré sa réserve naturelle, aimait et encourageait ces grands moments collectifs. Il plaidait pour que ces événements soient aussi des lieux de conscientisation et de militantisme : « La fête c’est bien, la lutte c’est mieux ! »
Il serait sans aucun doute fier de constater le rôle joué aujourd’hui par le club de rugby, le RC Vannes, et son directeur Martin Michel qui se sont appropriés l’identité bretonne pour mieux la restituer à leur public. D’autres clubs et associations suivent désormais cet exemple comme à l’US Concarneau. On chante le bro gozh à Lorient, à Rennes aussi avant les matches !
Nous penserons de façon joyeuse à Charlie durant ces deux jours de cette nouvelle édition du Festival du livre en Bretagne et il animera sans aucun doute nos discussions. D’accord ou pas d’accord…, il y aura du sport !
Christian TROADEC
Maire de Carhaix
Conseiller régional de Bretagne



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