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Quentin et la polarisation des extrêmes

  • 25 févr.
  • 2 min de lecture

La mort de Quentin Deranque devait arriver, la sienne ou celle d’un autre. Depuis quelques années, nous voyons monter la violence et l’opposition frontale entre les extrêmes droite et gauche. Le système politique a basculé vers la polarisation des extrêmes qui, plus que jamais, requiert la confrontation brutale et la violence.


Quentin ? Il se retrouve instrumentalisé dans ce combat. Non seulement il a perdu la vie, mais sa mort se retrouve encore subordonnée à des considérations plus hautes. Ses camarades d’extrême droite veulent l’honorer avec les idées qu’il véhiculait. Quant à l’extrême gauche, elle le considère avant tout comme un nazillon.


La stratégie que suit l’extrême gauche est celle de la lutte à outrance et il faut reconnaître que cela lui réussit assez bien. Elle espère une confrontation finale aux élections présidentielles entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement National. L’enjeu se situe là. Le RN a déjà conquis le cœur de beaucoup de Français et n’aspire qu’à maintenir une façade de respectabilité.


Une tragédie effacée par l'idéologie


Les extrêmes se nourrissent l’une l’autre et la mort de Quentin est une bénédiction pour les deux camps. Il reste peu de place pour évoquer ce que signifie la mort d’un jeune qui avait tout l’avenir devant lui, et la douleur immense de ses parents.


Le problème de la polarisation des extrêmes, c’est que toute la société disparaît dans la faille qu’elle suscite. Nous disparaissons dans cette lutte, contraints de choisir notre camp. C’est ce que l’on veut pour nous ! Il y a quelque temps, un ami qui me voulait du bien me disait : « De toute façon, bientôt tu devras choisir ton camp ! »


Depuis si longtemps, on demande aux Bretons de choisir leur camp, comme à la grande époque de la lutte pour ou contre la Révolution ou la laïcité. Dans l’opposition idéologique, la Bretagne et la défense de ses intérêts disparaissent inéluctablement.


Le spectre d'un pouvoir totalitaire


La polarisation des extrêmes et la confrontation brutale donneront lieu demain à l’avènement d’un pouvoir fort — LFI ou RN — et nous basculerons dans une situation pré-totalitaire. Nous nous éloignerons encore davantage des rivages de la démocratie. La démocratie ouvre la porte à l’altérité. Elle se perd lorsqu’il faut sortir les couteaux !


Les extrêmes RN et LFI sont viscéralement antidémocratiques. Ils ne savent pas ce que c’est qu’une minorité. Ils sont hostiles à la Bretagne, à l’idée même de l’existence d’un peuple breton. Aux dernières élections législatives, LFI avait fait admettre aux socialistes et aux écologistes l’absence de mention de nos langues régionales au sein du programme du NFP.

Cette polarisation des extrêmes en France est le produit d’une société en perdition, sur le chemin de la guerre civile. Plus que jamais, nous ne devons pas disparaître dans cette faille béante qui fait le jeu des extrêmes, mais construire sans relâche la démocratie de demain.


Par Yvon Ollivier

 
 
 

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