Rendre la parole au peuple !
- 16 juin
- 2 min de lecture
Ceux qui réfléchissent à la chose publique ne peuvent manquer d’être effrayés par la
montée des haines et la perte de sens de la démocratie.
La modération, l’écoute de l’autre ne sont plus de mise. L’intolérance et la haine sur les
réseaux sociaux nous ramènent à l’époque barbare de la violence et de l’immédiateté.
Le peuple se détourne de la démocratie formelle mais est-ce bien étonnant ? La démocratie
et la chose politique sont devenues l’apanage d’une élite. Le peuple a beau voter, rien ne
change. Il ne s’y retrouve plus. C’est comme si le pouvoir était aux mains d’une élite
composée d’élus professionnels, de réseaux et de grands possédants.
Les élections régionales ne présentent plus d’intérêt avec près de 65% d’abstention en 2021.
Les compétences dérisoires de la région réduisent l’enjeu électoral à l’octroi de quelques
sièges. Le pouvoir est ailleurs et le peuple ne s’y trompe pas. En Bretagne, le PS s’accroche
en pratiquant la récupération des autres forces, comme l’écologie avec le triste épisode de
Daniel Cueff aux dernières élections régionales. Il s’apprête désormais à récupérer les
concepts de fédéralisme et d’autonomie aux prochaines élections, pour que rien ne change
bien sûr.
Loin de représenter le peuple breton, ce pouvoir est le relais institutionnel de l’Etat. Il voile
son inutilité d’une communication de tous les instants.
Avec le vote favorable de 10% des inscrits, ce pouvoir représente qui ?
La démocratie nous échappe encore avec les communautés de communes qui éloignent le
peuple de ses élus.
Le vieux monde politique, qui est aux affaires à Paris depuis si longtemps, est en perdition et
nous subissons la polarisation des extrêmes avec son risque de guerre civile demain.
La république a vaincu la démocratie. Elle a généré une élite qui vit dans l’entre soi, coupée
du peuple et repliée sur ses intérêts. Les grands commis de l’Etat ne songent plus qu’au
pantouflage. Les inégalités de revenus ne cessent de croître. La devise liberté, égalité,
fraternité nous ferait plutôt sourire.
Et si c’étaient les gilets jaunes qui avaient eu raison avant l’heure ? Ils exprimaient leur
colère de laissés pour compte. Ils voulaient retrouver voix au chapitre et décider enfin des
choses importantes qui les concernent.
Pour redonner sens au lien social, la démocratie doit prendre sa revanche.
C’est une société démocratique que nous devons construire dans son fonctionnement
quotidien, à l’image de la votation suisse. C’est au niveau local que la démocratie doit vibrer,
avec le droit d’initier des referendums décisionnels. Il n’est rien de pire que ces consultations que n’on accorde au peuple pour ne jamais en suivre le résultat, ou ces pétitions qui débouchent sur la trahison de l’expression populaire comme en Loire-Atlantique à propos de la réunification de la Bretagne.
C’est une autre culture démocratique que nous devons inventer et la Bretagne devrait
montrer le chemin.
Car c’est au niveau local que vit la démocratie. Tout le reste n’est qu’hégémonie.
N’ayons plus peur du peuple ! C’est à lui de décider de ce qui le concerne, à commencer par
le cadre territorial et juridique au sein duquel il souhaite s’exprimer.
Redonnons-lui la parole avant qu’il ne songe à la reprendre. C’est peut-être le seul moyen de
se soustraire à la montée des haines et à l’avènement d’un pouvoir autoritaire, demain.
Yvon ollivier
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