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Fermeture de classes bilingues : pourquoi ce silence de Chesnais-Girard ?

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

À Cavan, Saint-Rivoal, Carhaix et sans doute ailleurs, le recteur d’académie projette la fermeture d’une classe bilingue. Le dynamisme de l’enseignement bilingue en Bretagne est-il si fort que l’on puisse se permettre de fermer des classes ? La fermeture d’une classe dans une filière d’enseignement bilingue brise une dynamique et la met en danger.


À quoi bon ouvrir des classes ici ou là, si ailleurs on en ferme autant ? C’est hélas la situation de l’enseignement bilingue en Bretagne puisque, pour la première fois cette année, le nombre d’enfants scolarisés en filière bilingue breton-français est en baisse.

Monsieur le recteur d’académie suit une logique comptable et se moque bien de l’enseignement de notre langue. Ce n’est pas sa priorité. Ce serait même la logique inverse qui prédominerait puisque les vieilles préventions à l’égard de notre langue n’ont jamais déserté l’esprit de nombreux enseignants.


La Bretagne, variable d'ajustement de l'État


La Bretagne reste cette éternelle variable d’ajustement et les fermetures de classes, au nom de la baisse de la démographie, profiteront à d’autres territoires. La pensée d’État domine toujours. Nous n’avons rien à attendre de Monsieur le recteur.


Le plus grave est le silence assourdissant du premier responsable de cette politique linguistique, Loig Chesnais-Girard, qui doit l’assumer devant les Bretons. Nous connaissons sa position : « C’est l’État qui ne fait pas son boulot ». Oui, mais alors pourquoi cela marche-t-il au Pays basque et en Corse et pas chez nous ?


Comment la Bretagne pourrait-elle exister au sein du système France si son premier représentant se tait superbement ou ne met pas le bleu de chauffe pour sauver une école Diwan privée de locaux, comme à Bourbriac ? Et si c’était Loig Chesnais-Girard qui ne faisait pas son boulot ?


Le consentement par le silence


Loig Chesnais-Girard ne peut négliger le fait que celui qui se tait consent toujours. Il doit s’exprimer avec force pour exiger la sanctuarisation des classes bilingues et de l’enseignement en Bretagne, sans se réfugier derrière l’étroitesse des compétences dévolues à la Région. C’est au nom du peuple breton que sa voix devrait porter !


La Bretagne qui ne résiste pas est une Bretagne qui se meurt et se banalise en « région » comme une autre. La Bretagne qui se tait n’est pas celle du peuple breton. Il faudrait le redire à Loig Chesnais-Girard qui, plus que jamais, fait partie du système, alors que tout s’effondre autour de nous et que c’est le moment ou jamais de le dénoncer pour tracer un autre chemin. Je crois même que, par son inexistence, il se comporte en meilleur soutien du système.


Nous avons le choix entre la banalisation de la Bretagne en « région », sous couvert des représentants du système comme Loig Chesnais-Girard, ou l’émancipation de notre peuple qui, seule, permettra de sauver nos langues. Quel chemin prendrons-nous ?


Par Yvon Ollivier

 
 
 

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