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Renouer avec notre Histoire !

  • il y a 23 heures
  • 3 min de lecture

Quelques événements récents, dont la prise de conscience de la grande fragilité de notre patrimoine religieux, avec comme exemple l’église d’Ouessant menacée dans son existence même, m’ont fait réfléchir à l’urgence de renouer avec notre Histoire.


L’histoire de la Bretagne, on le sait, n’est enseignée nulle part ou presque. L’Éducation nationale, bonne mère, autorise les enseignants à recourir à des exemples locaux pour illustrer tel ou tel apprentissage, et c’est tout. Autrement dit : rien. Les jeunes Bretons sont élevés comme des Français, au mépris de leur patrimoine culturel et historique. L’Éducation nationale fait de nos enfants des étrangers à eux-mêmes.


Le plus significatif peut-être est que nombre de militants bretons rechignent à prendre en compte la dimension religieuse de notre patrimoine culturel et historique, au nom d’une laïcité mal pensée.


Une fondation ancrée dans le temps long


La religion est une affaire strictement personnelle, c’est entendu. Mais qu’en est-il lorsqu’un peuple s’est constitué sur le mode religieux et dans le contexte d’une migration vers une terre promise dénommée Armorique, derrière des moines et des chefs de guerre ? Qu’on le veuille ou non, la Bretagne a été fondée par des moines. C’est du moins l’histoire qui nous a été transmise par les plus vieux écrits que nous possédions.


Notre peuple vient de la Grande Île et déjà, là-bas, il était converti au christianisme celtique. Il en résulte que notre patrimoine est largement marqué par la religion. Notre histoire ne commence pas en 1789 ni en 1905. Alors on fait quoi de notre passé lointain ? On le maintient sous le boisseau ? J’avoue que j’ai peine à comprendre comment songer à l’émancipation d’un peuple au mépris de son histoire longue.


On me dira que les préoccupations des gens ne sont pas là ! La moindre des choses que l’on doit aux femmes et aux hommes, c’est de ne pas tronquer leur histoire et de l’enseigner à leurs enfants. Qui plus est, nombre de nos concitoyens athées n’imaginent pas que l’église de leur village tombe en ruines.


Les traces d'une vérité cachée


Lorsque nos églises prennent l’eau, c’est notre histoire qui s’efface. Nos églises et nos édifices religieux, comme notre patrimoine mégalithique et celto-druidique, sont les dernières traces de notre histoire. Ils nous disent que nous ne sommes pas que le produit d’une histoire officielle et tronquée, mais qu’il y a quelque chose d’autre derrière que l’on nous cache depuis si longtemps. La vérité se situe toujours dans ce que l’on nous cache.


Saint-Pol-Aurélien, dont l’église est menacée à Ouessant, n’était pas un moine parisien, mais un moine breton qui parlait en latin et dans notre langue bretonne. Bien sûr, connaître son histoire ne signifie pas adhérer. Ce sont là deux choses différentes.


Notre histoire longue justifie le combat pour l’émancipation de notre peuple, pour l’accès à ses droits, à son histoire, à sa culture et à ses langues. Sinon, le socialiste Loïg Chesnais-Girard serait dans le vrai avec cette Bretagne « croupion-région » qu’il ne défend même pas dans ses intérêts et qui ne saurait être le lieu de vie d’un peuple distinct. Une simple région comme ailleurs, aussi morne que soumise à Paris et à ses réseaux de pouvoir.


L'enjeu de la mémoire et de l'émancipation


Plus que jamais, nous devons retrouver le temps long de notre histoire, dans toutes ses dimensions, que nous soyons croyants ou pas, qu’importe. Notre histoire nous renvoie à notre altérité et nous rappelle que nous sommes un peuple ! C’est ça l’important. En quoi la laïcité et le libre choix feraient-ils obstacle à la prise en compte de notre temps long historique ? C’est comme si les catholiques fervents se mettaient soudainement à faire l’impasse sur la laïcité et ses implications.


Cette vision de la Bretagne tronquée dans sa géographie, comme dans son histoire au nom d’une laïcité mal pensée, nous conduit à la situation actuelle, avec la domination sans partage de Paris pour ce qui est de la dépense publique, et la destruction progressive de nos édifices religieux faute de moyens financiers. Il n’y a plus d’argent dans les caisses puisque notre argent s’en va à Paris. Et nombre de nos édiles considèrent le patrimoine religieux comme secondaire, lorsqu’ils ne souhaitent pas l’abattre.


Souvenons-nous de la décision de la Région Bretagne de débaptiser la fête de la Saint-Yves, créée à Nantes, pour l’appeler fête de la Bretagne. Nos élus, sous l’empire de la pensée d’État, ont peur de notre histoire. Les Irlandais sont beaucoup moins stupides. Le chemin est long pour qui veut s’émanciper. On ne le fait jamais au mépris de son histoire.


Par Yvon Ollivier

 
 
 

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