Haut-commissariat à la diversité ? Et nous ?
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- il y a 2 jours
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Le président Macron envisage de créer un haut-commissariat à la diversité, pour apporter
une reconnaissance à la différence visible et aux diasporas en provenance d’Afrique et des
territoire ultra-marins. Certaines personnes médiatiques représentatives et des membres de
de ces communautés seraient sollicitées.
Ce n’est pas la première fois que le Pouvoir s’interroge sur la nécessité d’ouvrir de nouveaux
droits ou une nouvelle représentation aux différentes communautés. Souvenons-nous de
l’échec du comité de réflexion sur le préambule de la Constitution présidé par Simone Veil
en 2008 et qui renonça à reconnaître la diversité.
Au moment où ces éléments ont fuité, il demeure une inconnue. Et la diversité d’ici ? Elle
n’existerait plus ? Je parle bien sûr ici de l’altérité bretonne, basque, occitane, corse
alsacienne formant l’essentiel du territoire métropolitain.
Il s’agit d’un point important car la France qui commande -les élites parisiennes- partent du
principe que cette diversité est digérée, assimilée depuis longtemps et qu’elle ne pose plus
le moindre problème.
Donc acte. Il est vrai que l’on ne trouvera aucun responsable politique breton pour
reprocher ce deux poids deux mesures.
Car enfin, notre différence bretonne – et celle des autres- n’en est pas moins là, avec un
sentiment d’appartenance bretonne qui ne cesse d’ailleurs de se développer et la volonté de
demander justice de cet effacement progressif décidé par Paris et qui ne sert par l’unité
nationale.
Cet épisode du Haut-commissariat à la diversité nous montre bien l’échec du modèle
assimilateur français postulant l’inexistence de l’altérité. On ne peut construire une société
sur la négation d’autrui. Il faut juste apprendre à vivre avec toutes nos différences, même si
c’est difficile.
Pour nous, vieux peuples périphériques, et bien c’est la même chose. Comme le soulignait
Michel Rocard, dans les conversations surprises sur Weakiliks, la France s’est construite sur
la mort de nos cultures, basques, bretonnes occitanes. Pour cette raison, elle connaîtra
toujours un problème d’unité.
La seule manière de le dépasser est d’explorer les voies de la reconnaissance de toutes les
différences et la reconnaissance des droits fondamentaux – droit à l’enseignement de sa
langue, de sa culture, de son histoire particulière- pour l’ensemble des citoyens.
Mais après tout, la véritable république ne se situe-t-elle pas de ce côté-là ? La vraie
république reconnaît les peuples, tous les peuples, même ceux qu’un pouvoir centraliste a
subjugués depuis si longtemps.
Le débat qui s’annonce pourrait être le lieu d’apprentissage d’une nouvelle citoyenneté, plus
ouverte et source de justice.
Les français sont suffisamment intelligents pour comprendre que l’on peut être à la fois
français -puisqu’il nous est dit qu’il s’agit d’une citoyenneté abstraite- et chérir une identité
particulière. Ce retournement du sens unitaire de la France serait source de bien-être et de
pont avec l’étranger.
Il faudra juste terrasser le mythe de la supériorité de la civilisation française et juguler
l’influence néfaste de la nomenklatura parisienne et de tous ses réseaux de pouvoirs.
Yvon Ollivier
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