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Iran : face au massacre en cours, la communauté internationale doit agir maintenant

Depuis plusieurs semaines, le peuple iranien est confronté à une violence d’État d’une ampleur désormais incontestable. Les informations qui parviennent, recoupées par de nombreuses sources, confirment l’usage systématique d’armes à feu contre des civils, des foules désarmées, des étudiants, des femmes, des adolescents. Les fusillades ne sont plus une menace : elles sont une réalité. Les morts se comptent par milliers. Ce qui se déroule aujourd’hui en Iran n’est plus une répression ponctuelle, mais un massacre en cours.


Face à cette situation, il n’est plus possible de se contenter de condamnations symboliques ou de déclarations de principe. Le peuple iranien fait preuve, depuis des années, d’une grandeur et d’un courage remarquables. Il continue de lutter, au prix de sa vie, contre un régime islamiste qui gouverne par la terreur, tout en cherchant à se parer des atours de la respectabilité internationale. Cette lutte est universelle. Elle engage l’avenir des libertés publiques, l’idée même d’émancipation, et la capacité des démocraties à se défendre elles-mêmes lorsqu’elles sont mises à l’épreuve.


L’Iran occupe une place décisive dans l’équilibre mondial. Carrefour historique entre Orient et Occident, espace de circulation des savoirs, des arts et des pensées, il est aujourd’hui un point de bascule. En laissant se perpétrer ce bain de sang, la communauté internationale envoie un signal dangereux : celui d’une tolérance tacite envers l’écrasement d’un peuple par son propre gouvernement. Le régime iranien instrumentalise le soft power culturel, académique et diplomatique pour masquer la violence extrême qu’il exerce. Cette stratégie ne peut plus être acceptée.


Nous appelons donc à des mesures immédiates et contraignantes de la part des institutions internationales. Il est impératif que les Nations unies, l’Union européenne et l’ensemble des instances compétentes prennent des décisions urgentes pour faire cesser les violences : sanctions ciblées renforcées, enquêtes internationales indépendantes, mécanismes de protection des civils, et poursuites contre les responsables de crimes de masse. L’inaction équivaut aujourd’hui à une complicité passive.


Les partis politiques démocratiques doivent, eux aussi, assumer leurs responsabilités. La situation iranienne ne peut rester un dossier périphérique. Elle doit devenir un enjeu central du débat public, à la hauteur de ce qui se joue : la sauvegarde des principes fondamentaux de liberté et de dignité humaine.


Les institutions culturelles, enfin, ne peuvent plus se réfugier dans le silence. L’absence de programmation, de prises de position claires ou de soutien visible — y compris dans des événements culturels majeurs — constitue un aveu d’insuffisance. La culture n’est pas neutre face au massacre. Elle est un lieu de responsabilité. Soutenir les artistes iraniens, donner une visibilité à leurs œuvres, refuser toute collaboration qui servirait à blanchir un régime criminel, est aujourd’hui une exigence morale.


Les universités, les intellectuels et les artistes ont un rôle décisif à jouer : documenter, nommer, transmettre, alerter. Leur parole peut contribuer à briser l’isolement du peuple iranien et à mobiliser une opinion publique sans laquelle aucune pression politique durable n’est possible.


Soutenir le peuple iranien, aujourd’hui, ce n’est plus seulement exprimer une solidarité. C’est agir pour mettre fin à un massacre. C’est défendre l’universalité des droits humains. C’est refuser que, sur ce seuil entre Orient et Occident, se joue dans l’indifférence l’un des drames majeurs de notre temps. C’est affirmer que sa lutte est universelle, qu’elle concerne l’avenir des démocraties, et qu'elle est une part décisive de notre monde commun qui se joue.


Premiers signataires :


Isabelle Barbéris et Laurent Garreau, co-fondateur du Pavillon Iran

Sepideh Farsi, réalisatrice

Marjane Satrapi, artiste

Ayda Hadizadeh, présidente du groupe d'Amitié France Iran à l'Assemblée nationale

Jean-Jacques Urvoas, ancien ministre de la justice

Forough Salami, vice-présidente de la région Bretagne, vice-présidente de Quimper Bretagne occidentale

Béatrice Picon Vallin Directrice de recherche ( CNRS) Arts du spectacle

Yaël Bacry, metteuse en scène

Hanieh Delecroix, artiste

Ami Flammer, violoniste

Christophe Perton, metteur en scène

 
 
 

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